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Takeshi Kitano :'-( |
Dolls, par Takeshi Kitano.
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| On a connu Kitano plus dans son élément. Pour donner suite à un Été de Kikujiro inspiré mais naïf, il s'est risqué à la conception ô combien périlleuse d'un drame. Or, autant sait-on le fameux réalisateur japonais capable de films excellents et sans prétention (Hana-bi), autant sait-on qu'il n'est pas un intellectuel. C'est pari raté que ces poupées de chiffon, fades et incongrues, voire bâclées et avant tout aguicheuses. Car la somptuosité formelle des costumes de Yohji Yamamoto (ici, les clochards défilent en vêtement de haute-couture), et des fameux plans très colorés suggérant le passage des quatre saisons, masque une réelle et regrettable faiblesse dramatique. Dans Dolls, trois histoires d'amour désespérées sont présentées. La première, qui est aussi la plus lourde et symbolique, est celle d'un jeune homme qui, le jour de son mariage (arrangé), rejoint celle qu'il a toujours aimée, en dépit de la crise dépressive que celle-ci traverse (et sur laquelle Kitano aime à insister) : ce sont les fameux clochards attachés à une corde et assimilés à des poupées de bunraku (ce dernier point faisant partie des bonnes idées du film). | D O L L S |
La deuxième, sans intérêt, montre un yakusa qui retrouve son amante de jeunesse, attendant toujours sa venue, vingt ans après, tous les samedis sur le même banc avec le même repas (on se rappelle que ce genre de contrainte est rarement une qualité : voir Intimité de Patrice Chéreau)... Mais il convient d'évoquer la troisième, véritablement réussie et originale, celle de l'histoire d'amour projeté : un fan d'une chanteuse de variété dont la carrière est interrompue par un accident qui la défigure choisit de se crever l'oeil pour s'en rapprocher. Bien maigre cependant pour un film et un cinéaste dont on attendait beaucoup. |
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