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Pedro Almódovar, La
Mauvaise Éducation. Le devenir du
montage après Mulholland
Drive.
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Cannes 2004
La véritable erreur est d'avoir
surestimé Quentin Tarantino, de lui avoir
prêté des goûts cinéphiles - très limités
dans la réalité - et un talent de réalisateur
- qui n'a jamais fait de lui un génie. De Pulp
Fiction à Kill Bill en passant par
Jackie Brown, son cinéma demeure tout
ce qu'il y a de plus américain (avec, de façon
systématique, succès commerciaux et critiques
à la sortie). Comme celui de Michael Moore, qui
a le physique en plus. Palme d'or au fameux
"pamphlet anti-Bush", donc. C'est cette
récompense qui, paraît-il, permettra au film
d'être distribué aux États-Unis. Moi qui ne
crois pas un seul instant à cet argument de
marketing, je préfère vous parler des autres
auteurs présents sur la croisette. Wong Kar-wai
n'a rien reçu. Soit. Tsui Hark faisait partie du
jury, ça n'aidait pas ! Mais peu importent les
prix, ils ne prouvent rien. Ils témoignent
simplement des goûts d'un jury contraint de
trouver le compromis qui en satisfera l'ensemble
des membres. Almódovar (dont
l'art du montage surpasse indéniablement celui
mis en oeuvre par Michael Moore), Godard et
Kiarostami ne prenaient pas part à la
compétition et tant mieux, car entre les trois,
il n'est plus l'heure de choisir, l'immensité de
leur talent n'étant plus à prouver. Mais à
leurs côtés, concourait encore Kusturica, avec
une oeuvre malheureusement ignorée, de même que
celle d'un Hong Sang-soo dont la renommée
connaît une ascension fulgurante. La seule bonne
surprise de ce palmarès est finalement la
reconnaissance d'Apichatpong Weerasethakul, choix
audacieux et très intriguant de la part d'un
jury aussi discutable. Celui-ci aurait-il
repéré le profil d'un immense cinéaste ?
Espérons qu'il se sera donné la peine
d'assister à une projection de Blissfully
Yours, le précédent film d'Apichatpong
Weerasethakul.
Ian
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