| Ken Park, film de Larry Clark et Ed Lachman :-D |
SWEET SEX TEENS
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Il a fallu attendre vingt-cinq ans pour que sorte Une vraie jeune fille, de Catherine Breillat. Et de nouveau, filmer le sexe et échapper au classement X n'est pas tâche évidente à l'heure où on souhaite interdire le porno. D'autant plus lorsqu'on met en scène des adolescents. Avec la sortie de Ken Park en France, le cinéma a avancé (évidemment, les Anglos-Saxons, qui n'ont pas le droit de le voir, n'en disent pas autant). Ici, la dernière oeuvre de Larry Clark, co-signée par Ed Lachman (chef opérateur notamment sur le splendide Loin du Paradis de Todd Haynes), est une des rares bénéficiaires de diffusion relativement large alors qu'elle montre sexes en érection, éjaculation, meurtres, etc. Ultime audace : non seulement les personnages sont adolescents, mais c'est précisément à ce public-là qu'est destiné le film. Un argument aussi racoleur suffit-il à déterminer la qualité d'une oeuvre ? Certes non, mais le cran du réalisateur en est en grande partie responsable. Vaguement structurée autour du suicide d'un certain Ken Park, qui par ailleurs demeurera sans grande importance, cette chronique rassemble des épisodes assez courts de quatre vies adolescentes. Il y a Shawn, frimousse craquante et ahurie préférant boire au sexe de la mère de sa copine qu'à celui de la midinette en question ; il y a Tate, qui ne supporte plus de vivre chez ses grands-parents et qui les tue après s'être branlé devant un match de tennis tout en s'étranglant avec le peignoir de papi (ou de mamie) ; il y a Claude, qui fuit autant que possible son père beauf et incestueux à l'occasion ; enfin il y a Peaches, sainte-nitouche à tendance SM bientôt considérée par son père comme sa nouvelle épouse. Tate finira en prison tandis que les trois autres feront l'amour tous ensemble dans une séquence des plus tendres. Film court, dénué d'intrigue (à la différence de Bully, son film précédent), Ken Park consiste bien à capter des actions ponctuant le quotidien d'un monde fascinant aux yeux des adultes. Ceux-ci, bien que désormais très présents à l'écran, ne semblent pas pour autant conviés de l'autre côté du miroir. Agitant de manière narquoise et forcément complaisante ce festin nu sous des regards supposés le trouver cru, Larry Clark, la bonne cinquantaine pourtant, se fait porte-parole d'une génération résolue à prendre sa liberté et à profiter du jour présent (dans leur cas, mieux vaut ne pas penser à l'avenir) - on est bien loin de l'enseignement neuneu du professeur Keating ;-). Les scènes de baise, plutôt en plans rapprochés qu'en très gros plans, ne prétendent pas au porno mais en montrent plus que les films érotiques de M6. Grâce à la photographie d'Ed Lachman et à la mise en scène de Larry Clark, Ken Park se révèle sublime et audacieux. Sans doute Larry aime-t-il plus la jeunesse qu'il ne prétend la connaître (voir sans véritablement savoir, c'est là la limite du réalisme) mais, présentant ses fantasmes avec toujours plus d'authenticité et d'impact, sa démarche n'en demeure que plus louable. © Ian |
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