| #18.juin 2004 | Miossec | 1964 | 2004 | chanson française / rock | :-D | > La Chronique de Ian. |
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> Miossec, 1964.
Le réveil
Il faudra s'y faire, et cela se fera. Sans trop de mal. Les notes se sont substituées aux mots, avec une élégance vouée à adoucir le passage de la quarantaine. Un temps de modestie que Miossec a finalement toujours eue.
Le cinquième album de Miossec commence mal. Les premiers mots, une anaphore qui donne au morceau son titre, ne laissent rien augurer de bon. Sachant qu'il a récemment songé à cesser son activité musicale, le Brestois aurait pu livrer avec Je m'en vais sa chanson d'adieu. Pourtant, pourvu que ce texte soit replacé parmi tous ceux qui ont précédé, il n'y a rien d'étonnant : jamais, chez Miossec, le couple n'échappe à la crise. Mais ce discours chanté n'est pas le sien. C'est un monologue extrait d'un film (Le Mari de la coiffeuse, de Patrice Leconte). Belle et mélancolique ouverture d'un album qui sonne comme un appel à la réconciliation, après une livraison désavouée (A prendre, 1998) et un disque mineur (Brûle, 2001). Cependant, ne pas en conclure que 1964 est un retour aux sources (Boire, 1995, et Baiser, 1997). Si ce nouvel album se révèle aussi réussi, c'est d'abord parce qu'il renouvelle la musique de son auteur. De la musique, en fait, il n'y en avait pas. Ou presque pas. Rien à voir, en tout cas, avec celle de 1964, qui marque l'arrivée imposante d'un orchestre dans l'oeuvre de Miossec. De quoi prévenir le chanteur d'un assoupissement qui se faisait menaçant sur Brûle. Fort de ces mélodies entraînantes et de ces refrains pas moins efficaces, Miossec va désormais pouvoir se vanter de tubes tels que Brest, Le Stade de la la résistance ou Pentecôte. Ce ne sont plus les mots qui dominent, chez lui. Il faudra s'y faire, et cela se fera. Sans trop de mal. Les notes se sont substituées aux mots, avec une élégance vouée à adoucir le passage de la quarantaine. Un temps de modestie que Miossec a finalement toujours eue, sans pour autant faire preuve de cette sagesse qui habite 1964. Alors qu'au siècle dernier, la crudité de son verbe en faisait l'originalité et la qualité, Miossec a depuis lassé, à force de scènes qui l'accueillaient bourré pour des concerts terriblement frustrants. Sa dernière tournée, avec l'orchestre ici présent, à réhaussé sa carrière comme elle le méritait. Dans l'espoir que ce cinquième opus assure véritablement de nouveaux horizons au Brestois, 1964 est un album déjà indispensable et qui procure, pour l'heure, une énergie nouvelle, tant au chanteur qu'à son public.
© Ian